Pour supprimer un pont thermique dans un bâtiment ancien, il faut rétablir la continuité de l’isolant là où elle est interrompue : jonctions entre murs et planchers, murs de refend, tableaux et appuis de fenêtres, liaison entre murs et toiture, pied de mur. La solution la plus complète est l’isolation par l’extérieur, qui enveloppe ces jonctions ; avec une isolation par l’intérieur, on les atténue par des retours d’isolant. Une étude thermique permet de les repérer, de chiffrer leurs pertes et de préconiser le bon traitement avant les travaux.

Dans le domaine de la performance énergétique du bâtiment, peu de phénomènes ont autant d’impact sur les consommations de chauffage que les ponts thermiques. Invisibles à l’œil nu, pourtant responsables d’une part importante des déperditions énergétiques, ils sont aujourd’hui au cœur des préoccupations des maîtres d’ouvrage, des architectes et des bureaux d’études.

Chez SIEB Ingénierie, nous considérons que supprimer les ponts thermiques ne relève pas d’un simple détail technique, mais d’une démarche globale d’ingénierie, qui commence dès la phase d’étude thermique et se prolonge jusqu’à l’exécution sur chantier. Ce travail de précision conditionne non seulement la performance énergétique du bâtiment, mais aussi le confort des occupants, la durabilité de l’ouvrage et sa valeur patrimoniale.

Dans cet article, nous vous expliquons de manière claire ce qu’est un pont thermique, pourquoi il constitue un enjeu majeur dans les bâtiments neufs comme anciens, et surtout comment une ingénierie rigoureuse permet de les supprimer efficacement.

Qu’est-ce qu’un pont thermique dans un bâtiment ?

Un pont thermique est une zone localisée de l’enveloppe du bâtiment où l’isolation est interrompue ou affaiblie, créant un point de fuite de chaleur. Contrairement aux parois bien isolées, ces zones laissent passer la chaleur plus facilement, ce qui provoque des déperditions importantes.

On les retrouve principalement :

  • aux jonctions entre murs et planchers,
  • autour des menuiseries (fenêtres et portes),
  • au niveau des balcons,
  • dans les angles de façade,
  • au pied des murs et sur les toitures-terrasses.

Leur poids dans les pertes de chaleur augmente avec le niveau d’isolation : modéré dans une maison ancienne non isolée, il devient important une fois les murs et la toiture isolés, si les jonctions ne sont pas traitées. En hiver, ces zones provoquent un refroidissement localisé des parois, créant une sensation d’inconfort. En été, elles facilitent les entrées de chaleur, augmentant les besoins en climatisation.

Au-delà de la perte énergétique, les ponts thermiques favorisent également la condensation. Lorsque l’air chaud et humide intérieur rencontre une surface froide, de l’humidité se forme, ce qui peut provoquer moisissures, dégradations des revêtements et altération de la qualité de l’air intérieur.

Ce que dit la réglementation

En construction neuve, la RE2020 impose deux garde-fous : le ratio de transmission thermique linéique moyen des ponts thermiques du bâtiment (ratio ψ) ne doit pas dépasser 0,33 W/(m².K), rapporté à la surface de référence, et la moyenne des ponts thermiques des liaisons entre planchers intermédiaires et murs extérieurs (ψ9) ne doit pas dépasser 0,6 W/(m.K) (arrêté du 4 août 2021, règles en vigueur en septembre 2026). Dans les logements existants, les ponts thermiques entrent dans le calcul du DPE (méthode 3CL-DPE 2021), qui distingue cinq liaisons : mur et plancher bas, mur et plancher intermédiaire, mur et plancher haut, mur et refend, menuiserie et mur.

Pourquoi les ponts thermiques sont particulièrement critiques dans les bâtiments anciens ?

Dans les bâtiments anciens, la problématique est encore plus marquée. Les constructions d’avant les normes thermiques modernes ont été réalisées avec des matériaux massifs mais peu isolants, et avec des techniques qui ne prenaient pas en compte les continuités d’isolation.

Les points les plus sensibles sont souvent :

  • les planchers bois encastrés dans les murs,
  • les linteaux et appuis de fenêtres non isolés,
  • les murs de refend en pierre ou en brique pleine,
  • les jonctions entre façades et toitures.

Dans ces bâtiments, une simple isolation intérieure mal pensée peut aggraver les ponts thermiques. En isolant uniquement les murs sans traiter les planchers et les menuiseries, on crée des ruptures d’isolation encore plus marquées. C’est pourquoi une étude thermique approfondie en amont est indispensable.

Chez SIEB Ingénierie, nous privilégions toujours une approche globale, adaptée au bâti existant, afin d’éviter les erreurs courantes de rénovation.

Le rôle fondamental de l’étude thermique dans la suppression des ponts thermiques

Supprimer efficacement les ponts thermiques ne s’improvise pas. Tout commence par une étude thermique de précision :

  • Analyse de l’enveloppe du bâtiment

Nos ingénieurs réalisent une analyse complète des parois : murs, planchers, toitures, menuiseries, points de jonction. Cette étape permet de cartographier les zones à risque et de hiérarchiser les interventions. Nous utilisons des outils de simulation thermique dynamique et de modélisation 2D/3D, capables de représenter les flux de chaleur à travers la structure.

  • Simulation des déperditions

Grâce à ces simulations, SIEB Ingénierie peut quantifier les pertes énergétiques réelles et identifier les ponts thermiques les plus impactants. Cette démarche permet de proposer des solutions techniques ciblées, économiquement rationnelles et adaptées au projet.

  • Préconisations techniques sur mesure

L’étude thermique débouche sur des prescriptions précises :

  • choix des matériaux isolants,
  • méthodes de pose,
  • traitements des jonctions,
  • détails de mise en œuvre créés spécifiquement pour le chantier.

Ces documents deviennent la base du cahier des charges d’exécution.

Comment supprimer concrètement les ponts thermiques en phase de conception

La suppression des ponts thermiques commence dès la conception du projet : les zones sensibles peuvent déjà être repérées sur les plans, en tenant compte des matériaux d’origine.

Continuité de l’isolation

L’objectif principal est de garantir une continuité parfaite de l’isolant entre toutes les parois. Cela passe par :

  • des rupteurs de ponts thermiques intégrés dans les planchers,
  • des isolants en retour de tableaux de fenêtres,
  • le traitement des nez de dalles,
  • des liaisons spécifiques entre murs et toitures.

Choix des matériaux adaptés

Tous les isolants ne se valent pas. Selon la nature du bâtiment (béton, pierre, brique, ossature bois), SIEB Ingénierie préconise des solutions techniques compatibles avec les contraintes structurelles et hygrométriques :

  • panneaux isolants rigides haute performance,
  • mousse projetée dans les zones complexes,
  • isolants biosourcés pour le bâti ancien.

Chaque choix est argumenté techniquement et justifié dans les notes de calcul. Sachez que notre cabinet peut aussi intervenir sur une maison individuelle.

L’importance de l’exécution chantier pour éradiquer les ponts thermiques

Même la meilleure étude thermique peut perdre toute son efficacité si l’exécution est approximative. C’est la qualité de la mise en œuvre sur le chantier qui permet de réduire durablement les déperditions de chaleur.

Contrôle de la mise en œuvre pour assurer une efficacité

Ici, SIEB Ingénierie accompagne les entreprises sur le terrain pour s’assurer que les prescriptions sont respectées. Nous vérifions :

  • la continuité réelle des isolants,
  • la qualité des jonctions,
  • l’absence de coupures ou de vides,
  • la parfaite mise en œuvre des rupteurs thermiques.

Coordination entre les corps d’état

Les ponts thermiques apparaissent souvent à l’interface entre plusieurs lots : maçonnerie, menuiserie, étanchéité, CVC. Notre rôle est de coordonner ces interventions pour éviter toute rupture de la chaîne thermique.

Comment traiter un pont thermique selon son emplacement

Voici les traitements que nous préconisons le plus souvent en rénovation. Ils sont réalisés par les entreprises, à partir de nos prescriptions :

EmplacementTraitement en rénovation
Jonction entre mur et plancher intermédiaire, murs de refendIsolation par l’extérieur, qui passe devant les nez de plancher et les refends. Avec une isolation par l’intérieur, ces liaisons ne peuvent pas être supprimées : on les atténue par des retours d’isolant sur les refends et en rive de plancher.
Fenêtres : tableaux, linteaux et appuisRetours d’isolant en tableaux et en linteau, appui isolé ou équipé d’un rupteur. En isolation par l’extérieur, fenêtre posée dans le plan de l’isolant, ou isolant rabattu jusqu’au dormant.
Plafond et toiture : jonction entre murs et toitureContinuité entre l’isolant des murs et celui des combles ou de la toiture, en haut de mur. En toiture-terrasse, isolation des acrotères et des relevés.
Plancher bas et pied de murIsolation en sous-face du plancher bas (sur cave ou vide sanitaire), avec un retour sur les murs ; isolation périphérique du soubassement par l’extérieur.
Balcons et dalles en saillieEn construction neuve, rupteurs de ponts thermiques. En rénovation, isolation qui enveloppe la dalle, ou remplacement par un balcon rapporté, désolidarisé de la façade.

Le traitement se choisit avec le bâti : sur un mur ancien en pierre ou en brique pleine, qui doit pouvoir sécher, on privilégie des isolants et des enduits perméables à la vapeur d’eau, souvent biosourcés, avec une étanchéité à l’air continue. Ces solutions sont adaptées au budget, au type de bâti et aux contraintes esthétiques du projet.

Les bénéfices mesurables de la suppression des ponts thermiques

L’éradication des ponts thermiques permet des gains concrets :

  • Réduction des consommations de chauffage, d’autant plus nette que le reste de l’enveloppe est bien isolé.
  • Amélioration immédiate du confort thermique, avec des parois moins froides.
  • Moins de risques de condensation et de moisissures sur les parois froides.
  • Valorisation du bien immobilier grâce à une meilleure performance énergétique.
  • Allongement de la durée de vie du bâtiment grâce à une meilleure gestion des flux thermiques.

Pour les copropriétés, cela se traduit par des charges maîtrisées et un patrimoine pérennisé.